Poème de la cassure, de Roger-Arnould Rivière

03 03 2008

Tout épris qu’il fût des mailles

sac de soies et de sévices

mon amour a saveur d’âme

sous sa coque de silice

»-----------------«

mais au geste oblong du crabe

ta méfiance se mesure

dans l’avide carapace

tombent les graviers d’usure

»-----------------«

Ton boudoir à l’avenant

n’offre que paroi convexe

quand je n’ai plus deniers sonnants

pour la sébile de ton sexe.




Entre cri et silence, de Roger-Arnould Rivière

03 03 2008

Orties cuisant pèlerinage

persistance verte d’ennui

vagues amères d’un orage

aux sourcils froncés d’un talus.

»-----------------«

Ingrate lèvre d’un présage

fugitif ou lent circuit

veiné d’électrique mirage

l’amertume se sent nue.

»-----------------«

Acre la lèvre où s’humecte

dans les mailles de l’ortie

le baiser de la suspecte.

»-----------------«

Âme vol de sœur infirme

dentelée d’or ou d’abîme

sous une traîne de suie.




Masques pour une ordalie, de Roger-Arnould Rivière

03 03 2008

Crâne de plomb lascif

lit-cage de mes années

sous tes linges croupis

ta mariole de vie

s’insurge ventre dru

»-----------------«

J’ai soif de coucheries

sur les remblais de sel

où des scorpions odieux

se pourlèchent les moelles

»-----------------«

Passions à l’étuvée

laits de gonfles fortuites

tes orgues et tes guis

crèvent sur l’ongle blanc

»-----------------«

de cimes à peine taillées

replètes à mi-poursuite

entre l’épure et le large.