Ô Liberté de Louis-Honoré Fréchette (1839-1908)
12 08 2008Chénier sur un genou se relève un instant;
Il se dresse, aveuglé de sang, l'habit sordide,
Défiguré, hagard, effroyable, splendide;
Et, pour suprême insulte à la fatalité,
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Le fier mourant cria :
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- Vive la liberté !
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Puis dans le tourbillon, la poudre, le vacarme,
Par un dernier effort il déchargea son arme.
Un nouvel ennemi tomba, mais ce fut tout :
Colborne et ses soudards étaient vainqueurs partout !
Ce qui suivit eût fait rougir des cannibales.
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On traîna de Chénier le corps criblé de balles;
Un hideux charcutier l'ouvrit tout palpitant;
Et par les carrefours, ivres, repus, chantant,
Ces fiers triomphateurs, guerriers des temps épiques,
Promenèrent sanglant son cœur au bout des piques...
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Puis la torche partout! les braves en avant!
On brûla les maisons, on brûla le couvent;
Si quelque humble demeure échappait mi-détruite,
C'est que l'on pourchassait quelques femmes en fuite.
De quartier nulle part, nulle compassion;
Partout pillage, vol et dévastation!
Les vieux citent encore des traits épouvantables :
On sabrait dans les lits, on sabrait sous les tables;
Tuer des prisonniers, éventrer des mourants,
C'étaient nobles exploits. Un enfant de quatre ans
Est là tout étonné qui regarde et qui flâne;
Un des braves l'ajuste et lui brise le crâne...
Ce brave eut un procès, mais il fut acquitté,
N'ayant au fond puni qu'un petit révolté !
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Enfin, le lendemain, ces nobles Alexandres
Laissaient par derrière eux trois villages en cendres !
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- C'est à ces durs prix-là - sombre nécessité!
Que tout peuple naissant t'achète, ô Liberté!
Publié par : Tenebrum-Draco à 16:09:37Permalien
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